SES Terminale

Fondements du commerce international (2/2) : firmes multinationales, effets du commerce et protectionnisme (SES Terminale)

Chaîne de valeur, IDE, compétitivité prix et hors-prix, gagnants et perdants de la mondialisation, libre-échange et protectionnisme : la seconde partie du chapitre de SES Terminale sur le commerce international.

Programme officiel
  1. partie Science économique
  2. questionnement 2 Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?
Par · · 7 min de lecture

Qui décide que votre téléphone sera conçu en Californie, assemblé en Asie et vendu partout ? Les firmes multinationales. Et qui en profite, qui en pâtit ? Après les théories de la spécialisation, cette seconde fiche du chapitre « Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ? » aborde les stratégies des firmes, les effets positifs et négatifs du commerce international et le débat entre libre-échange et protectionnisme.

▶ Fondements du commerce international et l’internationalisation de la production 2/2 – SES Bac 2026 — La Boîte à Bac

Ce qu’il faut retenir

  • Les firmes multinationales internationalisent leur chaîne de valeur par des IDE (filiales ateliers, filiales relais) et gardent les étapes à forte valeur ajoutée dans les pays développés. La compétitivité prix et hors-prix des firmes et l’attractivité des territoires sont liées.
  • Le commerce international fait baisser les prix, accroît la variété et a permis le rattrapage des pays émergents, mais il exclut certains pays, détruit des emplois exposés à la concurrence, accroît les inégalités dans les pays développés (courbe de l’éléphant de Milanovic) et pèse sur l’environnement.
  • Le libre-échange est défendu par la théorie et l’OMC ; le protectionnisme (éducateur, stratégique, défensif, de représailles) se justifie dans des contextes précis mais réduit le pouvoir d’achat et la compétitivité s’il s’installe.

Dans le programme : ce chapitre correspond au questionnement « Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ? » de la partie Science économique du programme officiel de SES de Terminale (code SES-T-SE-Q2), évaluable à l’épreuve écrite. Toutes nos vidéos sont sur la page SES du site.

I. Le rôle des firmes multinationales

Une firme multinationale (FMN) possède une société mère dans un pays et des filiales à l’étranger. Depuis les années 1980, ces firmes ont fragmenté puis internationalisé leur chaîne de valeur : chaque étape (conception, composants, assemblage, marketing) est localisée dans le pays le plus attractif pour elle. Le commerce intrafirme, entre filiales d’un même groupe, explique en partie pourquoi les échanges croissent plus vite que le PIB : un même composant est compté dans les exportations à chaque frontière franchie.

Pour s’implanter, les firmes réalisent des investissements directs à l’étranger (IDE) : rachat d’une entreprise, prise de participation ou création d’une filiale. Le programme distingue les filiales ateliers, unités de production installées là où les coûts sont bas (une usine automobile au Maroc), et les filiales relais, implantées pour conquérir un marché (une enseigne de meubles ou de café qui ouvre près de chez vous). À ne pas confondre avec la délocalisation (fermeture dans le pays d’origine pour produire ailleurs) ni avec l’externalisation (sous-traitance à une entreprise indépendante, comme l’assemblage des smartphones).

Compétitivité des firmes et attractivité des territoires

La compétitivité d’une entreprise est sa capacité à gagner des parts de marché : par les prix (compétitivité prix, obtenue en réduisant les coûts) ou par la qualité, l’innovation, la marque et les services (compétitivité hors-prix). Celle d’un pays est sa capacité à attirer des firmes sur son territoire : fiscalité, infrastructures, qualification de la main-d’œuvre. Les deux se nourrissent : ce sont les firmes les plus productives qui exportent et qui font la compétitivité du pays. Perrine détaille dans la vidéo la « courbe du sourire », qui montre pourquoi la valeur ajoutée se concentre en amont et en aval de la production.

II. Le commerce international n’a-t-il que des effets positifs ?

Côté positif, la spécialisation selon les avantages comparatifs baisse les prix et élargit le choix des consommateurs ; les entreprises réalisent des économies d’échelle et sont poussées à innover ; les IDE transfèrent des technologies vers les pays émergents, qui ont connu un rattrapage économique spectaculaire : la part de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté a été divisée par plusieurs depuis les années 1980.

Côté négatif, tous les pays ne participent pas : l’Afrique subsaharienne pèse environ 3 % du commerce mondial pour 17 % de la population. Les pays spécialisés dans les produits primaires subissent une dégradation des termes de l’échange. Dans les pays développés, les secteurs exposés (textile, sidérurgie, puis services délocalisables) perdent des emplois, et la pression sur les salaires accroît les inégalités. La courbe de l’éléphant de Branko Milanovic résume la période 1988-2008 : les classes moyennes des pays émergents et les 1 % les plus riches ont gagné, les classes moyennes et populaires des pays riches ont stagné. S’ajoutent l’impact environnemental du transport maritime, la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement révélée par la pandémie et le dumping social, fiscal ou environnemental.

III. Libre-échange ou protectionnisme ?

Le libre-échange, suppression des entraves au commerce, est promu par l’OMC et concrétisé par des zones comme l’Union européenne, le Mercosur ou l’ACEUM, qui a remplacé l’Alena en 2020. Le protectionnisme vise au contraire à protéger la production nationale par des barrières tarifaires (droits de douane) ou non tarifaires (normes, quotas, subventions).

Le programme attend que vous sachiez pourquoi des pays y ont recours. Le protectionnisme éducateur de Friedrich List protège temporairement les industries naissantes, comme la Chine l’a fait pour s’insérer dans le commerce mondial. Le protectionnisme stratégique soutient des secteurs à coûts d’entrée élevés (les subventions à Airbus face à Boeing). Le protectionnisme défensif protège des industries vieillissantes ou répond au dumping. Le protectionnisme sociétal défend des choix de société (normes sanitaires, refus des produits issus de la déforestation). Le protectionnisme de représailles, enfin, répond aux mesures d’un partenaire : la guerre commerciale lancée par les États-Unis contre la Chine en 2018-2019, relancée à grande échelle en 2025, en est l’illustration.

Les limites sont connues : hausse des prix pour les consommateurs, biens intermédiaires plus chers pour les entreprises, risque que le secteur protégé se repose sur ses lauriers, comme l’informatique brésilienne dans les années 1980. La vidéo conclut que le débat n’est pas « l’un ou l’autre » : un pays peut appartenir à une zone de libre-échange tout en prenant des mesures ciblées et temporaires. L’application vous propose un tableau avantages / limites des deux options, prêt pour la dissertation.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre compétitivité prix et compétitivité hors-prix ?

La compétitivité prix consiste à vendre moins cher que ses concurrents en réduisant ses coûts de production. La compétitivité hors-prix consiste à se différencier par la qualité, l’innovation, l’image de marque ou les services associés.

Qu’est-ce qu’un IDE ?

Un investissement direct à l’étranger : une firme prend le contrôle durable d’une entreprise dans un autre pays (rachat, participation d’au moins 10 % du capital ou création d’une filiale). C’est le principal vecteur de l’internationalisation de la production.

Quelles sont les formes de protectionnisme ?

On distingue le protectionnisme éducateur (industries naissantes), stratégique (secteurs à coûts d’entrée élevés), défensif (industries en déclin, lutte contre le dumping), sociétal (normes sanitaires ou environnementales) et de représailles (réponse aux mesures d’un partenaire).

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Perrine Motch

Agrégée en sciences économiques, Perrine Motch enseigne depuis plus de dix ans. Originaire de Belgique, elle a été formatrice et professeure de sciences économiques avant de rejoindre le réseau des lycées français à l’étranger, où elle a enseigné les SES en Afrique du Sud, à Taïwan, en Bolivie et en Suède. Elle a rejoint le département de SES de La Boîte à Bac en 2021 : elle écrit et présente les vidéos et les fiches de SES de Première et de Terminale. Passionnée par les questions sociales contemporaines, elle voit dans les SES une matière qui permet de comprendre le monde et de développer l’esprit critique des élèves. Également conseillère en orientation, elle aide les élèves à prendre confiance en leur potentiel et à trouver leur voie.

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