SES Terminale

Comment lutter contre le chômage ? Le chapitre de SES Terminale expliqué

Marché du travail, chômage conjoncturel et structurel, problèmes d’appariement, salaire d’efficience, rôle des institutions et politiques de l’emploi : l’essentiel du chapitre « Comment lutter contre le chômage ? » en SES Terminale.

Programme officiel
  1. partie Science économique
  2. questionnement 3 Comment lutter contre le chômage ?
Par · · 7 min de lecture

Dans les années 1970, le gouvernement promettait de « protéger du chômage » ; trente ans plus tard, on expliquait qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver un emploi. Entre ces deux discours, toute la question du chapitre « Comment lutter contre le chômage ? » : selon la cause que l’on retient, on ne propose pas les mêmes remèdes. Voici les explications économiques du chômage et les quatre grandes familles de politiques de l’emploi, avec ce que la vidéo de Perrine développe.

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Ce qu’il faut retenir

  • Sur le marché du travail, l’offre vient des travailleurs et la demande des employeurs ; pour les économistes classiques, le salaire s’ajuste et le chômage ne peut être que volontaire.
  • Le chômage conjoncturel vient des fluctuations de l’activité (Keynes, loi d’Okun) ; le chômage structurel vient des problèmes d’appariement, des asymétries d’information (salaire d’efficience) et des institutions (salaire minimum, protection de l’emploi) ; le chômage frictionnel est lié aux transitions entre deux emplois.
  • À chaque cause sa politique : soutien de la demande globale, allègement du coût du travail, formation, flexibilisation du marché du travail.

Dans le programme : ce chapitre correspond au questionnement « Comment lutter contre le chômage ? » de la partie Science économique du programme officiel de SES de Terminale (code SES-T-SE-Q3), évaluable à l’épreuve écrite. Les notions et savoir-faire communs avec le chapitre sur le travail et l’emploi (activité, inactivité, taux de chômage, sous-emploi) font l’objet d’une vidéo dédiée sur l’application. Toutes nos vidéos sont sur la page SES du site.

I. Les spécificités du marché du travail

Le travail est l’activité de production ; l’emploi est une activité rémunérée qui ouvre des droits sociaux. Pour les économistes classiques, le travail s’échange sur un marché comme un autre : les travailleurs offrent leur force de travail, les employeurs la demandent, et le salaire joue le rôle du prix. Attention au piège : sur le marché du travail, l’offre vient des travailleurs ; sur le marché de l’emploi, elle vient des employeurs.

Dans cette analyse, le salaire s’ajuste jusqu’au salaire d’équilibre, pour lequel il n’y a ni chômage ni pénurie. Ceux qui ne travaillent pas refusent ce salaire : ils sont des « chômeurs volontaires ». Cette théorie, pertinente il y a un siècle, a été profondément revue depuis : c’est l’objet de la partie suivante, que Perrine introduit dans la vidéo avec les graphiques attendus au bac.

II. Les causes du chômage

Le chômage conjoncturel

Keynes est le premier à lier niveau d’emploi et activité économique et à analyser le chômage comme involontaire : quand la demande globale ralentit, les entreprises produisent moins et licencient. Arthur Okun a ensuite mesuré la corrélation entre croissance du PIB et taux de chômage, la loi d’Okun, en montrant qu’elle n’est ni immédiate ni identique selon les pays : les employeurs attendent d’être sûrs de la reprise avant d’embaucher.

Le chômage structurel et ses trois explications

Depuis la fin des années 1970, un chômage persiste même en période de croissance : c’est le chômage structurel, lié aux évolutions démographiques, sociales ou institutionnelles. Première explication, les problèmes d’appariement : des centaines de milliers d’emplois restent vacants alors que des millions de personnes cherchent du travail, parce que les qualifications, la localisation ou les conditions proposées ne correspondent pas. Il n’y a pas un mais plusieurs marchés du travail.

Deuxième explication, les asymétries d’information. Joseph Stiglitz montre qu’un employeur, incapable de juger la productivité d’un candidat, propose un salaire d’efficience supérieur au salaire d’équilibre pour attirer et fidéliser les meilleurs. Rationnel individuellement, ce choix réduit la demande de travail et augmente l’offre au niveau global, donc le chômage.

Troisième explication, les institutions : le salaire minimum, qui empêche le salaire de descendre en dessous d’un plancher (avec un effet discuté, qui dépend de son niveau), et les règles de protection de l’emploi (licenciement, assurance chômage), accusées de dissuader l’embauche. Le programme ajoute le chômage frictionnel, lié aux périodes de transition entre deux emplois ou après les études. Dans la vidéo, Perrine passe en revue ces théories avec des exemples concrets, dont la pénurie de professeurs de SES.

III. Les politiques de lutte contre le chômage

Cause du chômagePolitique adaptée
Chômage conjoncturel (ralentissement de l’activité)Soutenir la demande globale (politiques de relance keynésiennes)
Chômage structurel : coût du travail trop élevéAlléger le coût du travail (baisse des cotisations patronales sur les bas salaires)
Chômage structurel : inadéquation entre offre et demandePolitiques de formation
Chômage structurel : marché du travail trop rigidePolitiques de flexibilisation

Les politiques de soutien de la demande n’agissent que sur la composante conjoncturelle. L’allègement du coût du travail, engagé en France depuis les années 1990, crée des emplois peu qualifiés mais coûte plusieurs dizaines de milliards d’euros par an aux finances publiques. Les politiques de formation visent l’appariement. La flexibilité, enfin, prend plusieurs formes : quantitative (faire varier les heures ou les effectifs, contrats annualisés, contrats courts), fonctionnelle (rendre les salariés polyvalents) et la flexisécurité à la danoise, qui combine licenciements faciles et forte protection des chômeurs.

Aucune de ces politiques ne suffit seule, puisque les causes coexistent. Depuis 2022, le taux de chômage en France oscille autour de 7 à 7,5 % de la population active, et Pôle emploi est devenu France Travail au 1er janvier 2024. La vidéo revient sur les débats actuels autour de l’assurance chômage, et l’application propose une fiche « une cause, une politique, un exemple » pour la dissertation.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre chômage conjoncturel et chômage structurel ?

Le chômage conjoncturel résulte d’un ralentissement temporaire de l’activité économique : il disparaît avec la reprise. Le chômage structurel persiste même en période de croissance, car il tient au fonctionnement du marché du travail : inadéquation des qualifications, salaire d’efficience, institutions.

Qu’est-ce que le salaire d’efficience ?

Un salaire fixé par l’employeur au-dessus du salaire d’équilibre pour attirer les meilleurs candidats, les motiver et les fidéliser, faute de pouvoir observer directement leur productivité (asymétrie d’information). Au niveau global, il réduit la demande de travail et contribue au chômage.

Qu’est-ce que la flexisécurité ?

Un modèle, né au Danemark, qui combine une grande flexibilité pour les employeurs (licenciements faciles) et une forte sécurité pour les travailleurs (allocations chômage généreuses, accompagnement et formation).

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Perrine Motch

Agrégée en sciences économiques, Perrine Motch enseigne depuis plus de dix ans. Originaire de Belgique, elle a été formatrice et professeure de sciences économiques avant de rejoindre le réseau des lycées français à l’étranger, où elle a enseigné les SES en Afrique du Sud, à Taïwan, en Bolivie et en Suède. Elle a rejoint le département de SES de La Boîte à Bac en 2021 : elle écrit et présente les vidéos et les fiches de SES de Première et de Terminale. Passionnée par les questions sociales contemporaines, elle voit dans les SES une matière qui permet de comprendre le monde et de développer l’esprit critique des élèves. Également conseillère en orientation, elle aide les élèves à prendre confiance en leur potentiel et à trouver leur voie.

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