En juin 1940, la France s’effondre en quelques semaines. Commencent alors quatre années d’occupation, de collaboration et de résistance. C’est le dernier chapitre du thème 1 d’histoire de 3e : « La France défaite et occupée. Régime de Vichy, collaboration, Résistance ». Aurélie, professeure d’histoire-géographie, le résume en vidéo en trois temps : la défaite, Vichy et la collaboration, les résistances. Voici l’essentiel pour réviser.
Ce qu’il faut retenir
- Après la défaite éclair de mai-juin 1940, Pétain signe l’armistice le 22 juin 1940 ; la France est coupée en deux par une ligne de démarcation.
- Doté des pleins pouvoirs le 10 juillet 1940, Pétain met fin à la République : le régime de Vichy est autoritaire et pratique une collaboration d’État, jusqu’à participer à la persécution des Juifs.
- La Résistance naît dès l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle ; unifiée par Jean Moulin au sein du CNR en 1943, elle participe à la Libération en 1944.
Dans le programme : Quatrième et dernier chapitre du thème 1 d’histoire de 3e, « L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945) ». Il applique à la France les grandes notions du thème ; pour l’organisation de l’épreuve, consulte notre guide du brevet 2027.
1940 : une défaite éclair et une France divisée
Après huit mois sans combats majeurs, la « drôle de guerre », l’offensive allemande de mai 1940 surprend l’armée française. Les troupes allemandes passent par les Ardennes et contournent la ligne Maginot, qui ne couvrait pas ce secteur. Des millions de civils fuient vers le sud : c’est l’exode, un traumatisme collectif.
Le 16 juin 1940, le président du Conseil Paul Reynaud démissionne. Le maréchal Pétain, vainqueur de Verdun, lui succède et demande l’armistice, signé le 22 juin 1940 à Rethondes, dans le wagon même où l’Allemagne avait signé celui de 1918. Les conséquences sont lourdes :
- une ligne de démarcation sépare la zone occupée, au nord, de la zone libre, au sud, gouvernée depuis Vichy ; la zone sud est à son tour occupée en novembre 1942 ;
- plus d’un million et demi de soldats français sont prisonniers en Allemagne ;
- la France doit payer de lourds « frais d’occupation ».
La vidéo revient en détail sur cet effondrement et sur le choc qu’il provoque dans le pays.
Le régime de Vichy et la collaboration d’État
Le 10 juillet 1940, les parlementaires votent les pleins pouvoirs à Pétain : la IIIe République laisse place à l’État français, installé à Vichy. Pétain lance la « Révolution nationale » : ordre, tradition, autorité. La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » devient « Travail, Famille, Patrie ».
Le régime est autoritaire : partis et syndicats interdits, presse censurée, culte de la personnalité du Maréchal, femmes renvoyées au foyer, école mise au service de l’idéologie.
Surtout, Vichy choisit la collaboration d’État, une coopération politique, économique et policière avec l’Allemagne nazie :
- en octobre 1940, Pétain rencontre Hitler à Montoire ;
- le régime exclut et persécute les Juifs, internés dans des camps puis déportés ; les 16 et 17 juillet 1942, lors de la rafle du Vél d’Hiv, la police française arrête à Paris et en banlieue plus de 13 000 Juifs, dont plus de 4 000 enfants, déportés ensuite, via les camps de Drancy, Pithiviers et Beaune-la-Rolande, vers Auschwitz-Birkenau ;
- en février 1943, le Service du travail obligatoire (STO) envoie des centaines de milliers de jeunes Français travailler en Allemagne.
La vidéo montre comment ces étapes s’enchaînent, et pourquoi on parle de collaboration « d’État ».
Résister : la France libre et la Résistance intérieure
Le 18 juin 1940, depuis Londres et avec le soutien de Winston Churchill, le général de Gaulle appelle à la BBC à poursuivre le combat. C’est la naissance de la France libre : ses Forces françaises libres (FFL), où servent de nombreux soldats venus des colonies, combattent notamment en Afrique.
En France, la Résistance intérieure prend des formes variées : journaux clandestins, renseignement pour les Alliés, sabotages, puis maquis rejoints par des jeunes fuyant le STO. Des femmes comme Lucie Aubrac ou Germaine Tillion y jouent un rôle majeur, comme des étrangers, tel Missak Manouchian et son groupe des FTP-MOI. D’autres, les « Justes parmi les Nations », cachent des Juifs au péril de leur vie.
Envoyé par de Gaulle, Jean Moulin unifie les mouvements : le Conseil national de la Résistance (CNR) se réunit pour la première fois le 27 mai 1943. En 1944, FFL et Forces françaises de l’intérieur (FFI) appuient les Alliés après le débarquement du 6 juin, jusqu’à la libération de Paris en août.
Dans la vidéo, Aurélie insiste sur la diversité des résistants : un point précieux pour enrichir un développement construit.
La Libération et le jugement des collaborateurs
À la Libération, les collaborateurs sont punis : certains sont exécutés sans procès pendant l’« épuration sauvage », d’autres jugés et condamnés. Pétain est condamné à mort, peine commuée en détention à perpétuité ; Pierre Laval, chef du gouvernement de Vichy, est exécuté. Dans les années 1950, des lois d’amnistie libèrent de nombreux condamnés.
La mémoire de cette période reste longtemps difficile. La République honore aujourd’hui plusieurs résistants au Panthéon, dont Jean Moulin, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Missak Manouchian.
Au brevet : comment utiliser ce chapitre
En analyse de documents, les affiches de propagande de Vichy, l’appel du 18 juin ou un journal clandestin sont des classiques. En développement construit, on peut te demander de décrire le régime de Vichy ou de montrer la diversité des formes de résistance.
| Date | Repère |
|---|---|
| 18 juin 1940 | Appel du général de Gaulle |
| 22 juin 1940 | Armistice |
| 10 juillet 1940 | Pleins pouvoirs à Pétain |
| Octobre 1940 | Entrevue de Montoire |
| 16-17 juillet 1942 | Rafle du Vél d’Hiv |
| Novembre 1942 | Occupation de la zone sud |
| Février 1943 | Création du STO |
| 27 mai 1943 | Première réunion du CNR |
| 6 juin 1944 | Débarquement de Normandie |
| Août 1944 | Libération de Paris |
Les notions à définir : armistice, Révolution nationale, collaboration d’État, France libre, Résistance intérieure, maquis, épuration.
Pour aller plus loin : nos autres vidéos
Pour replacer la France dans le conflit mondial, lis notre article sur la Deuxième Guerre mondiale, une guerre d’anéantissement.
▶ La Seconde Guerre mondiale, une guerre d’anéantissement
▶ Démocraties fragilisées dans l’Europe de l’entre-deux-guerres
▶ Civils et militaires dans la Première Guerre mondialeQuestions fréquentes sur Vichy et la Résistance au brevet
Qu’est-ce que la collaboration d’État ?
C’est la politique officielle de coopération du régime de Vichy avec l’Allemagne nazie, dans les domaines politique, économique et policier. Elle se manifeste par l’entrevue de Montoire (octobre 1940), la participation à la persécution et à la déportation des Juifs, ou encore le STO (février 1943).
Quelle différence entre la France libre et la Résistance intérieure ?
La France libre est la résistance extérieure, organisée depuis Londres par le général de Gaulle après l’appel du 18 juin 1940, avec ses Forces françaises libres. La Résistance intérieure regroupe les mouvements, réseaux et maquis qui agissent sur le territoire français. Jean Moulin les rapproche au sein du CNR en 1943.
Quand a lieu l’épreuve d’histoire-géographie du brevet 2027 ?
En métropole, l’épreuve d’histoire-géographie-EMC a lieu le vendredi 25 juin 2027, de 8 h à 10 h. La partie histoire-géographie est notée sur 40 points (analyse de documents sur 15, développement construit sur 25) et l’EMC sur 20 points.
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