SES Terminale

Comment expliquer l’engagement politique dans les sociétés démocratiques ? Le chapitre de SES Terminale

Vote, militantisme, consommation engagée, paradoxe de l’action collective d’Olson, incitations sélectives, rétributions symboliques, structure des opportunités politiques : l’essentiel du chapitre de SES Terminale sur l’engagement politique.

Programme officiel
  1. partie Sociologie et science politique
  2. questionnement 5 Comment expliquer l'engagement politique dans les sociétés démocratiques ?
Par · · 6 min de lecture

En mars 2023, plus d’un million de personnes ont défilé contre la réforme des retraites. Pourquoi se donner cette peine, alors qu’un individu rationnel aurait tout intérêt à rester chez lui et à profiter du résultat ? C’est le paradoxe au cœur du chapitre « Comment expliquer l’engagement politique dans les sociétés démocratiques ? ». Cette fiche présente les formes de l’engagement et ses motifs ; le profil des engagés et la transformation de l’action collective font l’objet de la seconde vidéo, disponible sur l’application.

▶ L’engagement politique | SES Terminale Bac 2026 — La Boîte à Bac

Ce qu’il faut retenir

  • L’engagement politique regroupe les activités visant à influencer la détention et l’exercice du pouvoir. Trois formes au programme : le vote, le militantisme (politique, syndical, associatif) et la consommation engagée.
  • Mancur Olson formule le paradoxe de l’action collective : un individu rationnel a intérêt à adopter le comportement du passager clandestin. L’engagement s’explique par les incitations sélectives, les rétributions symboliques et la structure des opportunités politiques.
  • L’engagement varie selon l’âge, le diplôme et la PCS, le sexe ; depuis les années 1950, l’action collective s’est transformée : nouveaux objets (revendications post-matérialistes), nouveaux acteurs, nouveaux répertoires d’action.

Dans le programme : ce chapitre correspond au questionnement « Comment expliquer l’engagement politique dans les sociétés démocratiques ? » de la partie Sociologie et science politique du programme officiel de SES de Terminale (code SES-T-SSP-Q5), évaluable à l’épreuve écrite. Toutes nos vidéos sont sur la page SES du site.

I. Les formes de l’engagement politique

Le vote est la forme la plus évidente, mais l’abstention atteint des niveaux historiques : 28 % des inscrits au second tour de la présidentielle de 2022. Attention au contresens : s’abstenir, voter blanc ou nul peut aussi être une façon de contester l’offre politique, pas seulement un désintérêt.

Le militantisme consiste à participer à une action collective pour défendre une cause commune. Le militantisme politique (meetings, tractage, collage d’affiches) concerne moins de 1 % de la population ; le militantisme syndical défend les intérêts des travailleurs ; le militantisme associatif connaît, lui, un réel engouement, avec près d’un Français sur trois qui a été ou est bénévole. Le militantisme prend des formes variées : manifestation, grève, bénévolat, promotion d’une cause.

Dernière forme à connaître, la consommation engagée : exprimer des choix politiques ou éthiques par ses pratiques de consommation, par le boycott d’un produit ou d’une entreprise (la campagne contre l’huile de palme d’une célèbre pâte à tartiner a conduit le fabricant à certifier ses approvisionnements), par le buycott (privilégier le bio, le local, le commerce équitable) ou par un mode de vie cohérent avec ses valeurs. Perrine détaille dans la vidéo l’efficacité réelle de ces boycotts, seul et à des milliers.

II. Pourquoi s’engager ? Le paradoxe de l’action collective

En 1965, dans La Logique de l’action collective, l’économiste Mancur Olson part du postulat que les acteurs sont rationnels. Or les coûts de l’engagement (temps, argent, perte de salaire en cas de grève, risques) sont individuels et certains, tandis que les bénéfices sont collectifs et incertains : si la mobilisation aboutit, tout le monde en profitera, y compris ceux qui sont restés chez eux. Le comportement rationnel est donc celui du passager clandestin. Mais si tout le monde raisonne ainsi, aucune action n’a lieu : c’est le paradoxe de l’action collective.

Pourtant, les gens s’engagent. Trois explications au programme. Les incitations sélectives, avantages réservés aux participants (une indemnité de grève versée par le syndicat) ou sanctions pour les passagers clandestins. Les rétributions symboliques, avantages immatériels de l’engagement : reconnaissance, estime de soi, camaraderie, nouvelles compétences, sentiment d’appartenir à une communauté ou de faire l’histoire, comme les jeunes manifestants de Hong Kong en 2019. La structure des opportunités politiques, enfin : un contexte politique plus ou moins favorable à la mobilisation, selon l’ouverture des institutions, le système électoral, la stabilité des forces en présence et la façon dont l’État répond à la contestation, par le dialogue ou la répression. Dans la vidéo, Perrine met ces trois notions en scène avec un exemple de grève que vous pourrez réutiliser tel quel.

III. Qui s’engage, et comment l’action collective s’est-elle transformée ?

La seconde vidéo du chapitre, réservée à l’application, développe les deux derniers points du programme. D’une part, les variables sociodémographiques de l’engagement : l’âge (effet d’âge et effet de génération ; les jeunes délaissent partis et syndicats mais s’engagent davantage dans l’associatif), le niveau de diplôme et la PCS (le sentiment de compétence politique favorise l’engagement des plus diplômés, même si les Gilets jaunes ou les Indignés ont montré une mobilisation des classes populaires), et le sexe (peu d’écart dans le vote, mais une sous-représentation des femmes dans les partis et les syndicats et une surreprésentation dans l’associatif).

D’autre part, la transformation de l’action collective depuis les années 1950 : de nouveaux objets, avec les nouveaux mouvements sociaux décrits par Alain Touraine et leurs revendications post-matérialistes (environnement, égalité femmes-hommes, droits des minorités) ; de nouveaux acteurs, moins institutionnalisés que les partis et les syndicats ; de nouveaux répertoires d’action, de la grève du zèle aux actions spectaculaires conçues pour les réseaux sociaux. Vous y trouverez aussi le quiz du chapitre et la fiche de révision avec les définitions exactes.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le paradoxe de l’action collective ?

Formulé par Mancur Olson en 1965 : un individu rationnel n’a pas intérêt à participer à une action collective dont les bénéfices profiteront à tous, y compris à ceux qui ne se sont pas mobilisés. Il adopte le comportement du passager clandestin. Si tous raisonnent ainsi, l’action n’a pas lieu, alors que tous y auraient intérêt.

Qu’est-ce qu’une incitation sélective ?

Un avantage réservé aux seuls participants d’une action collective, ou une sanction visant ceux qui n’y participent pas, qui rend l’engagement rationnel : une indemnité de grève versée par un syndicat, par exemple.

Qu’est-ce que la consommation engagée ?

Une forme d’engagement politique qui passe par les choix de consommation : boycott d’un produit ou d’une entreprise, achat de produits éthiques, locaux ou équitables, ou adoption d’un mode de vie cohérent avec ses valeurs.

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Perrine Motch

Agrégée en sciences économiques, Perrine Motch enseigne depuis plus de dix ans. Originaire de Belgique, elle a été formatrice et professeure de sciences économiques avant de rejoindre le réseau des lycées français à l’étranger, où elle a enseigné les SES en Afrique du Sud, à Taïwan, en Bolivie et en Suède. Elle a rejoint le département de SES de La Boîte à Bac en 2021 : elle écrit et présente les vidéos et les fiches de SES de Première et de Terminale. Passionnée par les questions sociales contemporaines, elle voit dans les SES une matière qui permet de comprendre le monde et de développer l’esprit critique des élèves. Également conseillère en orientation, elle aide les élèves à prendre confiance en leur potentiel et à trouver leur voie.

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