Le marché est un formidable mécanisme pour coordonner des millions de décisions, mais il lui arrive d’échouer : il produit trop de pollution, pas assez de phares en mer, et il laisse des voitures d’occasion pourries se vendre au prix des bonnes. Le troisième chapitre de science économique de Première recense ces défaillances du marché et explique pourquoi elles justifient l’intervention des pouvoirs publics. Voici les notions à maîtriser, et ce que la vidéo et l’application vous apportent en plus.
Ce qu’il faut retenir
- Une externalité est l’effet, positif ou négatif, de l’activité d’un agent sur d’autres agents sans compensation par le marché.
- Les biens communs (rivaux, non excluables) sont surexploités ; les biens collectifs (non rivaux, non excluables) sont sous-produits à cause du passager clandestin.
- Les asymétries d’information provoquent la sélection adverse (avant la transaction) et l’aléa moral (après). Dans les trois cas, l’État peut corriger le marché.
Dans le programme : ce chapitre correspond au questionnement « Quelles sont les principales défaillances du marché ? » de la partie Science économique du programme officiel de SES de Première (code SES-1-SE-Q3). Ce chapitre n’a pas encore sa vidéo de cours sur YouTube : la vidéo de Grand oral ci-dessous en illustre la première notion, et le cours complet est disponible dans l’application. Toutes nos vidéos sont sur la page SES du site.
I. Les externalités : quand le prix ne dit pas tout
Une usine qui rejette des fumées, un voisin qui fait des travaux à 7 h du matin, un vaccin qui protège aussi ceux qui ne l’ont pas reçu : dans chaque cas, une activité a des conséquences sur des tiers qui ne sont ni payés ni dédommagés. C’est une externalité, négative dans les deux premiers exemples, positive dans le troisième. Le marché est défaillant parce que le prix ne reflète pas le coût social (ou le bénéfice social) réel : on produit trop de ce qui pollue et pas assez de ce qui profite à tous.
Le programme demande de comprendre que les pouvoirs publics peuvent corriger ce défaut : par la réglementation (interdire, plafonner), par la taxation (faire payer le pollueur, principe de la taxe pigouvienne) ou par la subvention des activités à externalités positives, comme la recherche ou la vaccination. Ces instruments sont développés en Terminale dans le chapitre sur l’action publique pour l’environnement.
II. Biens communs et biens collectifs
Deux critères permettent de classer les biens : la rivalité (ma consommation réduit-elle la quantité disponible pour les autres ?) et l’excluabilité (peut-on empêcher quelqu’un de consommer s’il ne paie pas ?). Un croissant est rival et excluable : c’est un bien privé ordinaire, que le marché gère très bien. Les problèmes commencent avec les deux autres catégories du programme.
| Excluable | Non excluable | |
|---|---|---|
| Rival | Bien privé (un croissant) | Bien commun (les poissons de l’océan, l’eau d’une nappe) |
| Non rival | Bien de club (une chaîne payante) | Bien collectif (un phare, l’éclairage public, la défense nationale) |
Les biens communs sont victimes de la « tragédie des communs » : chacun a intérêt à pêcher un peu plus, et la ressource s’épuise. Les biens collectifs, eux, ne sont pas produits par le marché car personne ne veut payer pour un phare dont tout le monde profitera gratuitement : c’est le comportement du passager clandestin. D’où la production publique de ces biens, financée par l’impôt. Dans l’application, Perrine détaille les solutions possibles pour les biens communs, de la privatisation aux règles de gestion collective, avec l’exemple des quotas de pêche.
III. Les asymétries d’information
Sur un marché, vendeurs et acheteurs n’ont pas toujours la même information. Le cas d’école est celui de George Akerlof et du marché des voitures d’occasion : l’acheteur ne peut pas distinguer les bonnes voitures des mauvaises, il propose donc un prix moyen ; les propriétaires de bonnes voitures refusent ce prix et se retirent, et il ne reste que les mauvaises. C’est la sélection adverse : l’asymétrie d’information avant la transaction chasse les bons produits du marché.
L’aléa moral intervient après la transaction : une fois assuré, un agent peut se comporter de façon plus risquée, puisqu’il ne supporte plus les conséquences. Les assureurs répondent par les franchises et le bonus-malus ; les banques par les garanties. Vous retrouverez l’aléa moral en Terminale, à propos des banques « trop grandes pour faire faillite » dans le chapitre sur les crises financières, et dans celui sur la protection sociale.
Le programme vous demande de savoir expliquer ces deux mécanismes avec un exemple chaque fois. La fiche de révision et le quiz de l’application les reprennent question par question, avec les définitions exactes attendues dans une EC1.
Pour continuer le programme de SES de Première
Les défaillances du marché reviennent tout au long du programme : dans le financement (asymétries d’information), la protection sociale (aléa moral) et, en Terminale, l’environnement et les crises financières.
▶ Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ?
▶ Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils ?
▶ Comment les agents économiques se financent-ils ?Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une défaillance du marché ?
Une situation dans laquelle le marché, laissé à lui-même, ne parvient pas à une allocation efficace des ressources : il produit trop d’un bien (pollution), pas assez d’un autre (biens collectifs) ou fait disparaître des échanges qui auraient été bénéfiques (asymétries d’information).
Quelle est la différence entre bien commun et bien collectif ?
Les deux sont non excluables (on ne peut pas empêcher quelqu’un d’en profiter). Mais le bien commun est rival (la ressource s’épuise, comme les poissons) alors que le bien collectif est non rival (le phare éclaire tout le monde sans s’user).
Sélection adverse et aléa moral : comment les distinguer ?
La sélection adverse se produit avant la transaction : l’information manquante fait fuir les bons produits (voitures d’occasion). L’aléa moral se produit après : une fois protégé, l’agent change de comportement (assuré qui prend plus de risques).
Nos produits
Pour aller plus loin en SES
Kit’Bac de SES350 cartes et plus de 700 questions sur tout le programme de Première et de Terminale, des flashcards à trois niveaux, des défis et des jeux pour réviser seul ou à plusieurs.Voir le Kit’Bac SES


