Octobre 1929 à Wall Street, septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers : à quatre-vingts ans d’écart, le même scénario, une bulle qui gonfle, éclate et entraîne les banques puis toute l’économie dans sa chute. Le chapitre « Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ? » est réputé difficile ; cette fiche en donne les fondamentaux, de l’enchaînement des deux grandes crises aux mécanismes de régulation, et ce que la vidéo de Perrine et l’application développent.
Ce qu’il faut retenir
- Une crise financière est un retournement qui fait chuter la valeur des actifs financiers. Les crises de 1929 et de 2008 partagent un enchaînement : bulle spéculative, krach, faillites bancaires en chaîne, récession et hausse du chômage.
- Les bulles spéculatives naissent des comportements mimétiques et des prophéties autoréalisatrices : sur les marchés financiers et immobiliers, la hausse des prix nourrit la demande au lieu de la freiner.
- La crise se transmet à l’économie réelle par l’effet de richesse négatif, la baisse du prix du collatéral et les ventes forcées, et la contraction du crédit. La régulation (ratios de solvabilité, supervision, garantie des dépôts) vise à réduire l’aléa moral des banques.
Dans le programme : ce chapitre correspond au questionnement « Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ? » de la partie Science économique du programme officiel de SES de Terminale (code SES-T-SE-Q4). Attention : depuis la session 2025, il ne fait plus partie des questionnements évaluables à l’épreuve écrite de spécialité, mais il reste au programme enseigné et peut nourrir le Grand oral. Toutes nos vidéos sont sur la page SES du site.
I. Les caractéristiques des crises de 1929 et de 2008
Une crise est le retournement du cycle économique à son point haut ; une crise financière est un retournement qui provoque la chute de la valeur des actifs financiers. Elle peut déboucher sur une récession (recul de l’activité sur deux trimestres consécutifs) ou une dépression (baisse durable de l’activité). Les deux grandes crises du programme commencent par un krach boursier, l’effondrement des cours.
1929 : la Grande Dépression
Dans les années 1920, les Américains achètent des actions à crédit, les cours s’envolent et les banques prêtent à tout-va, persuadées que la hausse durera. Le jeudi noir, 24 octobre 1929, les cours chutent de plus de 20 % en quelques heures. Les emprunteurs ruinés ne remboursent plus, les banques font faillite par milliers, les épargnants paniqués vident leurs comptes (bank run), le crédit s’assèche, la consommation et l’investissement s’effondrent : de financière, la crise devient bancaire puis économique, et la dépression dure des années.
2008 : la Grande Récession
Cette fois, la bulle est immobilière. Des taux bas, puis des crédits subprimes à taux variable accordés à des ménages peu solvables, gagés sur leur logement, et titrisés, c’est-à-dire transformés en titres revendus dans le monde entier. Quand la Fed relève ses taux, les mensualités explosent, les défauts se multiplient, les maisons saisies inondent le marché, les prix chutent et les titres adossés à ces crédits ne valent plus rien. La faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, déclenche une crise de confiance : les banques ne se prêtent plus entre elles, le crédit se contracte, l’économie mondiale entre en récession. Perrine raconte les deux épisodes en parallèle dans la vidéo, avec les graphiques des cours qui montrent leur ressemblance.
II. Comment une crise financière se transmet-elle à l’économie réelle ?
La formation des bulles
Sur les marchés boursiers et immobiliers, la loi de l’offre et de la demande se retourne : une hausse des prix stimule la demande, parce que les acteurs anticipent de nouvelles hausses. Faute d’information sur le « bon moment » pour acheter ou vendre, chacun imite les autres : ce sont les comportements mimétiques décrits par Keynes. Comme tout le monde raisonne ainsi, la hausse anticipée se produit effectivement : c’est une prophétie autoréalisatrice, qui creuse l’écart entre la valeur des actifs et leur valeur réelle, jusqu’à ce que la bulle éclate. Quand ? Personne ne sait le prévoir.
De la crise financière à la crise bancaire
Pour comprendre les faillites en chaîne, il faut regarder le bilan d’une banque : à l’actif, les crédits et les titres qu’elle détient ; au passif, ses fonds propres, les dépôts des clients et ses emprunts. Quand la valeur des actifs s’effondre et que les fonds propres sont trop faibles pour absorber la perte, la banque devient insolvable. Si elle est « too big to fail », comme Lehman Brothers, sa chute entraîne ses clients, ses créanciers et les autres banques. Le marché interbancaire se bloque et la banque centrale doit jouer son rôle de prêteur en dernier ressort.
Les canaux de transmission
Trois mécanismes au programme. L’effet de richesse négatif : les ménages dont le patrimoine a fondu réduisent leur consommation, ce qui se propage à leurs fournisseurs. La contraction du crédit : les banques survivantes durcissent leurs conditions, l’investissement chute. La baisse du prix du collatéral : quand la maison qui garantit un crédit vaut moins que le crédit lui-même, les banques exigent des garanties supplémentaires ou procèdent à des ventes forcées, qui font encore baisser les prix. La vidéo illustre ce dernier point avec un exemple chiffré simple à retenir.
III. Réguler le système financier
Avant 2008, les banques avaient pris des risques démesurés en comptant sur le sauvetage des banques centrales et des États : c’est l’aléa moral, déjà vu en Première. Le sauvetage a coûté des centaines de milliards aux contribuables, mais il était inévitable : sans banques, pas de crédit, sans crédit, pas d’investissement.
Après chaque crise, les pouvoirs publics renforcent la régulation. Après 1929, les États-Unis séparent banques de dépôt et banques d’affaires. Après 2008, l’Union bancaire européenne (2014) met en place un mécanisme de surveillance unique, piloté par la BCE, qui impose des ratios de solvabilité (des fonds propres suffisants pour absorber les pertes) et des tests de résistance, et un mécanisme de résolution unique, qui fait d’abord payer les actionnaires en cas de faillite et garantit les dépôts jusqu’à 100 000 euros par déposant. Limites : le shadow banking, ces acteurs financiers non bancaires qui échappent aux règles, et le calcul des ratios laissé en partie à l’appréciation des banques. Cette troisième partie du chapitre fait l’objet d’une vidéo exclusive sur l’application, avec un court format sur la finance de l’ombre.
Pour aller plus loin
▶ Comment les agents économiques se financent-ils ? (rappels de Première)
▶ Union européenne : quelles politiques économiques ?
▶ Réussir sa dissertation en SESQuestions fréquentes
Qu’est-ce qu’une bulle spéculative ?
Une hausse du prix d’un actif (actions, immobilier) déconnectée de sa valeur réelle, alimentée par les anticipations de hausse des acteurs qui achètent pour revendre plus cher. Elle finit toujours par éclater, sans que l’on puisse prévoir quand.
Comment une crise financière se transmet-elle à l’économie réelle ?
Par l’effet de richesse négatif (les ménages appauvris consomment moins), par la contraction du crédit (les banques prêtent moins, l’investissement chute) et par la baisse de la valeur du collatéral, qui provoque des ventes forcées et une spirale de baisse des prix.
Ce chapitre tombe-t-il au bac ?
Depuis la session 2025, le questionnement sur les crises financières ne fait plus partie des chapitres évaluables à l’épreuve écrite de spécialité SES. Il reste au programme enseigné et peut être mobilisé pour le Grand oral ou en appui d’autres chapitres.
Nos produits
Pour aller plus loin en SES
Kit’Bac de SES350 cartes et plus de 700 questions sur tout le programme de Première et de Terminale, des flashcards à trois niveaux, des défis et des jeux pour réviser seul ou à plusieurs.Voir le Kit’Bac SES


