Pour acheter une maison, lancer une start-up ou construire une ligne de tramway, il faut de l’argent que l’on n’a pas encore. Le chapitre « Comment les agents économiques se financent-ils ? » explique comment ménages, entreprises et État trouvent ces fonds, à quel prix, et pourquoi la dette publique fait autant débat. Les notions clés, et ce que la vidéo de Perrine ajoute.
Ce qu’il faut retenir
- Un agent a une capacité de financement quand son épargne dépasse ses investissements, un besoin de financement dans le cas inverse. Les ménages sont globalement prêteurs, les entreprises et l’État emprunteurs.
- Le taux d’intérêt est à la fois le coût du crédit pour l’emprunteur, la rémunération du prêteur et le prix du risque.
- Les entreprises se financent par autofinancement, par le crédit bancaire (financement indirect) ou sur les marchés, en émettant des actions ou des obligations (financement direct). L’État finance son déficit par l’emprunt, ce qui alimente la dette publique.
Dans le programme : ce chapitre correspond au questionnement « Comment les agents économiques se financent-ils ? » de la partie Science économique du programme officiel de SES de Première (code SES-1-SE-Q4). Toutes nos vidéos sont sur la page SES du site.
I. Qui a besoin d’argent, qui en a trop ?
Tout part du revenu disponible des ménages : ce qui reste une fois payés impôts et cotisations et reçues les prestations sociales. En France, les ménages en consomment en moyenne près de 85 % et épargnent le reste. Cette épargne peut être placée ou prêtée : globalement, les ménages ont donc une capacité de financement. Les entreprises, qui investissent plus qu’elles n’épargnent, et l’État, dont les dépenses dépassent les recettes, ont un besoin de financement.
Le programme représente cette rencontre par le marché des fonds prêtables : l’offre de fonds vient des agents à capacité de financement, la demande des agents à besoin de financement, et le prix qui s’ajuste est le taux d’intérêt. Pour l’emprunteur, c’est le coût du crédit ; pour le prêteur, la rémunération de son renoncement à consommer tout de suite ; pour les deux, il intègre une prime de risque, d’autant plus élevée que l’emprunteur est jugé peu sûr. Dans la vidéo, Perrine montre pourquoi une start-up emprunte plus cher que l’État français, et ce qui se passe quand la banque centrale fait varier ses taux.
II. Comment les entreprises financent-elles leurs investissements ?
Première ressource : l’autofinancement. Une entreprise qui dégage un excédent brut d’exploitation suffisant peut financer ses machines et ses locaux avec ses propres bénéfices, sans dépendre de personne. Mais cela ne suffit presque jamais pour les gros projets.
Deuxième voie, le financement indirect, aussi appelé intermédié : l’entreprise emprunte auprès d’une banque, qui collecte l’épargne des uns pour la prêter aux autres et prend le risque à sa charge. Troisième voie, le financement direct sur les marchés financiers : l’entreprise émet des actions (des parts de propriété, rémunérées par des dividendes et qui donnent un droit de vote) ou des obligations (des titres de dette, remboursés à échéance avec un intérêt fixé d’avance). Les grandes entreprises combinent les trois ; les plus petites dépendent surtout des banques.
Business angels, crowdfunding : les nouveaux financeurs
Le programme cite aussi les modes de financement des jeunes entreprises : les business angels, investisseurs privés qui misent sur une start-up en échange d’une part du capital, et le financement participatif (crowdfunding), où des milliers de particuliers financent un projet via une plateforme. Perrine compare ces solutions avec un exemple concret de campagne participative dans la vidéo, et l’application vous propose un tableau récapitulatif actions / obligations / crédit à apprendre pour l’EC1.
III. Le financement de l’État : déficit et dette publique
L’État aussi doit se financer. Le solde budgétaire compare les recettes (surtout les impôts) et les dépenses de l’État ; le solde public, plus large, ajoute les collectivités locales et la Sécurité sociale. Quand il est négatif, on parle de déficit public, que l’État couvre en émettant des obligations sur les marchés. L’accumulation des déficits forme la dette publique.
Les ordres de grandeur à connaître : fin 2024, la dette publique française dépassait 3 300 milliards d’euros, soit environ 113 % du PIB, et la seule charge des intérêts représente plusieurs dizaines de milliards d’euros par an. Faut-il s’en inquiéter ? Le programme présente les deux lectures : pour les uns, l’endettement pèse sur les générations futures et sur la crédibilité de l’État ; pour les autres, dans la lignée de Keynes, un déficit peut relancer l’activité en période de crise. La vidéo explique comment s’articulent ces deux visions, et pourquoi la question des taux d’intérêt est devenue centrale depuis 2022.
Pour continuer le programme de SES de Première
Le financement mène naturellement à la monnaie : d’où vient l’argent que prêtent les banques ? C’est l’objet du chapitre suivant.
▶ Comment les entreprises se financent-elles aujourd’hui ? (Grand oral)
▶ Les monnaies locales sont-elles une vraie alternative à l’euro ? (Grand oral)
▶ Comment les entreprises sont-elles organisées et gouvernées ?Questions fréquentes
Quelle est la différence entre financement direct et financement indirect ?
Dans le financement indirect, une banque s’intercale entre épargnants et emprunteurs : elle collecte les dépôts et accorde des crédits. Dans le financement direct, l’entreprise ou l’État emprunte directement auprès des épargnants sur les marchés financiers, en émettant des actions ou des obligations.
Action ou obligation : quelle différence ?
Une action est une part du capital de l’entreprise : son détenteur est copropriétaire, touche des dividendes variables et vote en assemblée générale. Une obligation est un titre de dette : son détenteur est un créancier, remboursé à échéance et rémunéré par un intérêt fixé à l’avance.
Pourquoi le taux d’intérêt dépend-il du risque ?
Parce que le prêteur exige une compensation pour la possibilité de ne pas être remboursé. Plus l’emprunteur est jugé risqué (jeune entreprise, État très endetté), plus la prime de risque, et donc le taux, est élevée.
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