HGGSP Terminale

La question patrimoniale au Mali : destruction, protection et restauration du patrimoine (HGGSP Terminale)

Tombouctou 2012 : quatorze mausolées détruits, des manuscrits sauvés par les habitants, un premier procès pour crime de guerre contre le patrimoine. Le jalon Mali de l’axe 2 du thème 4 d’HGGSP de Terminale, avec la vidéo de La Boîte à Bac.

Programme officiel
  1. thème 4 Identifier, protéger et valoriser le patrimoine : enjeux géopolitiques
  2. axe 2 Patrimoine, la préservation entre tensions et concurrences
  3. jalon 2 La destruction, la protection et la restauration du patrimoine, enjeu géopolitique. La question patrimoniale au Mali.
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En 2012, à Tombouctou, des groupes armés détruisent à la pioche quatorze des seize mausolées de la ville. Quatre ans plus tard, l’un des responsables est condamné par la Cour pénale internationale : une première mondiale. Le Mali est l’étude de cas du programme pour comprendre pourquoi détruire un patrimoine est un acte géopolitique, et comment on le protège et le reconstruit. C’est le jalon 2 de l’axe 2 du thème 4 d’HGGSP de Terminale : « La destruction, la protection et la restauration du patrimoine, enjeu géopolitique. La question patrimoniale au Mali ».

▶ HGGSP Terminale | Patrimoine | La question patrimoniale au Mali — La Boîte à Bac

Ce qu’il faut retenir

  • Héritier des empires du Ghana, du Mali et Songhaï, le Mali compte quatre biens au patrimoine mondial (Tombouctou, Djenné, tombeau des Askia, falaises de Bandiagara).
  • En 2012, les destructions de Tombouctou par Ansar Dine ne sont pas des dommages collatéraux mais une attaque identitaire : c’est ce que la géographe Bénédicte Tratnjek appelle l’urbicide.
  • La protection mobilise des cadres internationaux (Convention de La Haye de 1954, liste du patrimoine en péril, MINUSMA), les habitants (manuscrits évacués) et la justice : condamnation d’Ahmad al-Mahdi par la CPI en 2016.

Dans le programme : cette fiche fait partie de notre guide Programme HGGSP Terminale : les 6 thèmes, les jalons et l’épreuve du bac.

I. La destruction du patrimoine culturel malien

Le Mali a été le berceau d’empires qui ont dominé l’Afrique de l’Ouest du VIIIe au XVIe siècle, riches du commerce transsaharien et de leur contribution aux arts et aux sciences, avec l’âge d’or de Tombouctou au XVe siècle. Le pays moderne est un carrefour de traditions islamiques, animistes et chrétiennes ; c’est aussi cette diversité qui est visée quand le patrimoine est attaqué.

En 2012, une rébellion touarègue dans le nord, suivie d’un coup d’État, est rapidement récupérée par des groupes djihadistes comme Ansar Dine, affilié à AQMI. Leur lecture rigoriste de l’islam s’oppose aux marabouts soufis dont les mausolées de Tombouctou abritent les tombes ; entre juin et décembre 2012, 14 des 16 mausolées de la ville, inscrite au patrimoine mondial depuis 1988, sont détruits. Les manuscrits, mémoire commune et multiethnique du pays, sont eux aussi menacés. Pourquoi s’en prendre à des tombes et à des livres ? Tanguy explique dans la vidéo la logique de ces destructions et le concept d’urbicide de Bénédicte Tratnjek, à connaître pour l’épreuve.

II. La protection du patrimoine culturel

La réponse s’appuie d’abord sur le droit : la Convention de La Haye de 1954 protège les biens culturels en cas de conflit armé, et l’UNESCO inscrit dès 2012 Tombouctou et Djenné sur la liste du patrimoine mondial en péril, avec le « bouclier bleu » pour marquer les sites les plus vulnérables.

Sur le terrain, ce sont d’abord les habitants et l’ONG SAVAMA-DCI qui sauvent près de 80 % des manuscrits anciens en les évacuant vers Bamako. La MINUSMA, mission de l’ONU déployée en 2013, reçoit un mandat inédit de protection des sites culturels, avec des experts du patrimoine. Puis vient la justice : en 2016, la Cour pénale internationale condamne Ahmad al-Mahdi, membre d’Ansar Dine, pour la destruction des mausolées, première condamnation qualifiant de crime de guerre la destruction d’un patrimoine culturel. La vidéo revient sur ce procès historique et sur ce qu’il change pour les conflits d’aujourd’hui.

III. La reconstruction et la restauration du patrimoine

Reconstruire pose une question d’authenticité : la Charte de Venise et les normes de l’ICOMOS imposent de respecter matériaux et techniques d’origine. Entre 2014 et 2015, les mausolées de Tombouctou sont rebâtis en terre, selon les techniques traditionnelles, par les maçons de la ville, dépositaires d’un savoir-faire transmis de génération en génération.

Cette participation des communautés locales fait de la restauration un facteur de résilience et de réconciliation : retrouver ses monuments, c’est retrouver une identité et une fierté. Le Mali est ainsi devenu l’exemple de référence de la capacité du patrimoine à unir une société après un conflit, et du rôle de la coopération entre acteurs locaux, nationaux et internationaux. La carte mentale complète du jalon, des empires médiévaux au procès de la CPI, est dans l’application.

La suite du thème

Dernier jalon de l’axe 2, le tourisme culturel à Venise, puis l’objet de travail conclusif : « La France et le patrimoine, des actions majeures de valorisation et de protection ».

Questions fréquentes

Pourquoi les mausolées de Tombouctou ont-ils été détruits en 2012 ?

Parce que le groupe djihadiste Ansar Dine, à la lecture rigoriste de l’islam, considérait le culte des saints soufis enterrés dans ces mausolées comme contraire à sa doctrine. La destruction visait aussi à effacer une mémoire commune et multiethnique du Mali.

Qu’est-ce que l’urbicide ?

Un concept de la géographe Bénédicte Tratnjek désignant les violences qui visent la destruction d’une ville non comme objectif stratégique mais comme objectif identitaire : effacer les traces d’un peuple pour contester sa légitimité à vivre là.

Pourquoi le procès d’Ahmad al-Mahdi est-il historique ?

Parce qu’en 2016 la Cour pénale internationale a, pour la première fois, condamné une personne pour crime de guerre en raison de la destruction d’un patrimoine culturel, celle des mausolées de Tombouctou.

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Tanguy Gaudeul

Fondateur de La Boîte à Bac, Tanguy Gaudeul est titulaire du CAPES d’histoire-géographie. Il a enseigné l’histoire-géographie pendant cinq ans en collège et en lycée, et donne des cours particuliers de français depuis plus de dix ans. Passionné de pédagogie, il a suivi des formations sur les différentes formes d’enseignement, notamment le « deep learning » (université du Queensland, Australie), qui s’inspire des recherches en neurosciences pour apprendre aux élèves à mieux mémoriser, à relier les informations entre elles et à réutiliser leurs connaissances dans de nombreuses situations. C’est sur cette base qu’il a construit la méthodologie de La Boîte à Bac, ses vidéos d’histoire-géographie et d’HGGSP et les coffrets Kit’Bac.

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