HGGSP Première

Les frontières dans le monde actuel : plus nombreuses, plus poreuses, et de retour (HGGSP Première, thème 3)

250 000 km de frontières terrestres, 280 millions de migrants, 70 murs : les frontières se multiplient, s’ouvrent aux flux et se referment à la fois. L’introduction du thème 3 d’HGGSP de Première, « Étudier les divisions politiques du monde : les frontières », avec la vidéo de La Boîte à Bac.

Programme officiel
  1. thème 3 Étudier les divisions politiques du monde : les frontières
  2. introduction Les frontières dans le monde d'aujourd'hui.
  3. jalon 1 Des frontières de plus en plus nombreuses.
Par · · 5 min de lecture

Depuis 1991, le monde a gagné 30 000 kilomètres de frontières terrestres. Dans le même temps, marchandises, capitaux, idées et personnes n’ont jamais autant circulé, et l’on n’a jamais construit autant de murs. Ces trois mouvements contradictoires sont exactement les trois jalons de l’introduction du thème 3 d’HGGSP de Première, « Étudier les divisions politiques du monde : les frontières » : des frontières de plus en plus nombreuses, des frontières plus ou moins marquées, et frontières et ouverture avec l’affirmation d’espaces transfrontaliers.

▶ HGGSP Les frontières dans le monde actuel | Les frontières | Première Thème 3 Introduction — La Boîte à Bac

Ce qu’il faut retenir

  • Une frontière est la limite de la souveraineté d’un État. Décolonisation et chute de l’URSS ont multiplié les États (193 à l’ONU) et les dyades (Michel Foucher) ; les frontières s’étendent aussi en mer (ZEE, Montego Bay 1982) et dans les airs.
  • La mondialisation transforme les frontières en filtres : flux de marchandises, de capitaux, d’idées et 280 millions de migrants (2020) ; des espaces transfrontaliers deviennent des interfaces, comme la Mexamerica.
  • Crises et menaces sécuritaires provoquent un retour des frontières : « épidémie de murs » (70 murs, 30 000 km), smart borders, frontières « exportées » (accord UE-Turquie, 2016).

Dans le programme : cette fiche fait partie de notre guide Programme HGGSP Première : les 5 thèmes, les axes et les jalons.

I. La multiplication des frontières

Les frontières politiques se sont multipliées avec la décolonisation des années 1950-1960 puis la chute de l’URSS en 1991 : environ 250 000 km de frontières terrestres aujourd’hui, partagées en dyades, ces lignes fixées entre deux États par des accords et des rapports de force, selon le géographe Michel Foucher. Toutes ne sont pas reconnues : le Kosovo ou la Palestine sont reconnus par plus de cent pays mais pas par l’ONU ; le Somaliland ou l’Abkhazie presque par personne ; Taïwan n’est plus reconnu que par une douzaine d’États sous la pression de la Chine. Les frontières sont des constructions politiques.

Elles sont aussi plurielles : la convention de Montego Bay (1982) crée les zones économiques exclusives sur 200 milles nautiques, et l’espace aérien est régulé par les États. Ne restent hors de toute souveraineté que la haute mer, l’Antarctique et l’espace extra-atmosphérique. Tanguy détaille dans la vidéo les cas de reconnaissance contestée, très utiles pour illustrer une copie.

II. Des frontières de plus en plus poreuses

Depuis les années 1980, la mondialisation fait des frontières des lignes de filtrage plutôt que des barrières. Le GATT (1947) puis l’OMC (1995) libéralisent le commerce : un quart de la production mondiale de marchandises est exportée. Les capitaux circulent librement depuis les réformes des « 3D », les informations et les idées par les réseaux numériques.

Les personnes aussi : 280 millions de migrants internationaux en 2020 selon l’ONU, soit 3,6 % de la population mondiale, contre 75 millions dans les années 1970, auxquels s’ajoutent les mobilités touristiques, facilitées par des espaces de libre circulation comme Schengen. Le long des frontières naissent des espaces transfrontaliers qui fonctionnent comme des interfaces : la Mexamerica et ses maquiladoras, ou la frontière franco-suisse et ses travailleurs frontaliers. La vidéo explique le mécanisme des maquiladoras, exemple attendu au bac.

III. Le retour des frontières

La crise de 2008 et les attentats du 11 septembre 2001 ont renforcé les frontières : Patriot Act (2001) et Secure Fence Act (2006) aux États-Unis, rétablissement des contrôles par l’Allemagne en septembre 2024 malgré Schengen. Michel Foucher parle d’une « épidémie de murs » : environ 70 murs sur 30 000 km, entre les États-Unis et le Mexique, l’Inde et le Bangladesh, Israël et les Territoires palestiniens.

Deux formes nouvelles sont à connaître. Les smart borders, qui combinent murs et dispositifs numériques (drones, caméras, capteurs) pour laisser passer les flux souhaités et bloquer les autres ; et les frontières exportées, quand un État ou l’Union européenne fait contrôler les migrants avant leur arrivée, comme dans l’accord UE-Turquie de 2016, ou l’accord Italie-Albanie de 2023, contesté devant les tribunaux au nom du droit d’asile. Les quatre fonctions de la frontière selon Foucher (marquage, filtrage, interface, identité) structurent tout le thème : la fiche de l’application les résume en un tableau.

La suite du thème

L’axe 1, « Tracer des frontières, approche géopolitique », étudie trois cas : le limes rhénan, la conférence de Berlin et la frontière entre les deux Corées. L’axe 2, « Les frontières en débat », s’ouvre avec la frontière germano-polonaise de 1939 à 1990.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une frontière politique ?

La ligne de démarcation de la souveraineté d’un État, c’est-à-dire la limite du territoire sur lequel il exerce une autorité suprême et indépendante, reconnue par les autres États.

Que signifie « épidémie de murs » ?

Une expression du géographe Michel Foucher pour désigner la multiplication des murs-frontières dans le monde depuis les années 2000 : environ 70 murs couvrant quelque 30 000 km, construits pour contrôler l’immigration ou gérer des conflits.

Qu’est-ce qu’une smart border ?

Une frontière « intelligente » qui associe des dispositifs physiques et numériques (drones, caméras, capteurs, bases de données) pour filtrer les flux : laisser passer touristes et investissements, bloquer migrants irréguliers, criminels et trafics.

Nos produits

Pour aller plus loin en HGGSP

Kaïros, le jeu de cartes historiqueKaïros, le jeu de cartes historiqueRapports de force, alliances, coups d’éclat : la géopolitique du programme se joue en famille ou en classe.Découvrir Kaïros
Kit’Bac HGGSPKit’Bac HGGSPLe coffret pour réviser tous les thèmes du programme avec des cartes et des outils ludiques.Voir le Kit’Bac
L’application La Boîte à BacL’application La Boîte à BacCours, fiches et quiz sur chaque jalon du programme, avec l’abonnement Première ou Terminale.Découvrir l’application
Les frontières dans le monde actuel : plus nombreuses, plus poreuses, et de retour (HGGSP Première, thème 3)

Tanguy Gaudeul

Fondateur de La Boîte à Bac, Tanguy Gaudeul est titulaire du CAPES d’histoire-géographie. Il a enseigné l’histoire-géographie pendant cinq ans en collège et en lycée, et donne des cours particuliers de français depuis plus de dix ans. Passionné de pédagogie, il a suivi des formations sur les différentes formes d’enseignement, notamment le « deep learning » (université du Queensland, Australie), qui s’inspire des recherches en neurosciences pour apprendre aux élèves à mieux mémoriser, à relier les informations entre elles et à réutiliser leurs connaissances dans de nombreuses situations. C’est sur cette base qu’il a construit la méthodologie de La Boîte à Bac, ses vidéos d’histoire-géographie et d’HGGSP et les coffrets Kit’Bac.

Voir la chaîne YouTube →
Retour en haut