HGGSP Terminale

Le renseignement au service des États : CIA, KGB et Stasi pendant la guerre froide, et aujourd’hui (HGGSP Terminale)

De la création de la CIA en 1947 aux révélations de Snowden : comment les services secrets américains et soviétiques ont fait de la connaissance une arme. Jalon 1 de l’axe 2 du thème 6 d’HGGSP de Terminale, avec la vidéo de La Boîte à Bac.

Programme officiel
  1. thème 6 L'enjeu de la connaissance
  2. axe 2 La connaissance, enjeu politique et géopolitique
  3. jalon 1 Le renseignement au service des États : les services secrets soviétiques et américains durant la guerre froide.
Par · · 6 min de lecture

En 2022, la Russie lance l’opération « Doppelgänger » : de faux sites imitant de grands médias occidentaux pour diffuser de fausses informations. Un service français, VIGINUM, la détecte et l’expose. Savoir ce que l’autre sait, et l’empêcher de savoir ce que l’on sait : c’est le cœur du renseignement, que la guerre froide a porté à son apogée. C’est le jalon 1 de l’axe 2 du thème 6 d’HGGSP de Terminale : « Le renseignement au service des États : les services secrets soviétiques et américains durant la guerre froide ».

▶ HGGSP Terminale | Les services de renseignement dans la Guerre froide et aujourd’hui | Thème 6 — La Boîte à Bac

Ce qu’il faut retenir

  • La CIA (1947), indépendante et rattachée au président, mise sur la technologie (avions U-2, satellites Corona, NSA et SIGINT) et sur les opérations clandestines : Iran 1953, baie des Cochons 1961, crise de Cuba 1962.
  • Le KGB (1954) est à la fois service d’espionnage et police politique ; il infiltre l’Ouest (Cinq de Cambridge, Rosenberg, Fuchs) et surveille sa population, comme la Stasi en RDA.
  • Depuis 1991, le renseignement s’est tourné vers le terrorisme, la cybersécurité, la désinformation et l’intelligence économique, avec un dilemme : sécurité contre libertés (Snowden, 2013).

Dans le programme : cette fiche fait partie de notre guide Programme HGGSP Terminale : les 6 thèmes, les jalons et l’épreuve du bac.

I. La CIA, l’arme secrète des États-Unis

Pearl Harbor, en 1941, a révélé les failles du renseignement américain. Pour ne plus être surpris, le président Truman signe en 1947 le National Security Act qui crée la CIA : collecter et analyser des informations stratégiques, principalement sur l’URSS, et mener des opérations clandestines, sous l’autorité directe du président. Ses missions : l’espionnage (les avions U-2 photographient les installations soviétiques, jusqu’à ce que l’un d’eux soit abattu en 1960), le contre-espionnage et les actions clandestines : renversement de Mossadegh en Iran en 1953, débarquement raté de la baie des Cochons en 1961.

La CIA se distingue par la technologie : satellites espions du programme Corona (1960), cryptographie, et la NSA, créée en 1952 pour intercepter les signaux électroniques, le SIGINT. Son plus grand succès reste la découverte des missiles soviétiques à Cuba en 1962, qui permet d’éviter la guerre nucléaire. Ses controverses aussi sont connues : soutien à des dictatures, opérations illégales sur le sol américain comme l’ouverture du courrier (programme HTLINGUAL). La vidéo détaille ces exemples et ceux qu’il faut absolument citer en copie.

II. Le KGB et la Stasi, les outils de contrôle de l’URSS

Créé en 1954 dans la lignée de la Tcheka et du NKVD, le KGB est un service d’espionnage et une police politique. Il obtient d’immenses succès par l’infiltration : les Cinq de Cambridge, dont Kim Philby au sommet du MI6, les époux Rosenberg et Klaus Fuchs qui livrent les secrets de la bombe américaine, puis des traîtres américains comme Aldrich Ames ou Robert Hanssen. Il surveille aussi sa propre population, réprime dissidents et intellectuels, et compte plusieurs centaines de milliers d’agents et d’informateurs : plus nombreux que la CIA, avec moins de moyens technologiques.

En RDA, la Stasi (1950) pousse la surveillance à son extrême : 91 000 agents, 175 000 informateurs, des dossiers sur des millions de citoyens, découverts à l’ouverture des archives après 1989. Les échecs existent aussi : l’affaire Farewell, où l’officier du KGB Vladimir Vetrov livre à la France 3 000 documents sur l’espionnage technologique soviétique, permet de démasquer des dizaines d’agents et d’intoxiquer l’URSS avec des technologies sabotées. Tanguy raconte cette affaire, l’une des plus belles réussites des services français, dans la vidéo.

III. Le renseignement à l’ère contemporaine

Après 1991, les priorités changent : le terrorisme après le 11 septembre 2001 et le Patriot Act, la cybersécurité face aux attaques contre les infrastructures, la désinformation sur les réseaux sociaux (élection américaine de 2016, opération Doppelgänger), et l’intelligence économique, où États et entreprises se disputent brevets et secrets industriels.

Reste le dilemme des démocraties. En 2013, Edward Snowden révèle la surveillance massive des communications par la NSA, souvent sans mandat : jusqu’où un État peut-il aller pour sa sécurité sans violer les libertés fondamentales ? Avec le Big Data et l’intelligence artificielle, la question se pose avec une acuité nouvelle. Elle sert de transition vers l’objet de travail conclusif sur le cyberespace, et fait un excellent sujet de Grand oral, préparé dans la fiche du jalon de l’application.

La suite de l’axe 2

Deuxième jalon : « Circulation et formation des étudiants, transferts de technologie et puissance économique : l’exemple de l’Inde », puis l’objet de travail conclusif sur le cyberespace.

Questions fréquentes

Quelle différence entre la CIA et le KGB ?

La CIA (1947) est un service de renseignement extérieur, indépendant des ministères et rattaché au président, qui mise sur la technologie et n’exerce pas de répression sur le sol américain. Le KGB (1954) cumule espionnage à l’étranger, contre-espionnage et police politique, avec une surveillance systématique de la population soviétique.

Qu’est-ce que l’affaire Farewell ?

Au début des années 1980, Vladimir Vetrov, officier du KGB, livre à la DST française environ 3 000 documents sur l’espionnage technologique soviétique. Ces informations permettent d’expulser des dizaines d’agents et d’intoxiquer l’URSS avec de fausses technologies.

Pourquoi les révélations de Snowden sont-elles importantes pour ce jalon ?

Parce qu’elles montrent la continuité du renseignement après la guerre froide et posent la question centrale du programme : l’équilibre entre sécurité de l’État et protection des libertés individuelles à l’ère du numérique.

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Tanguy Gaudeul

Fondateur de La Boîte à Bac, Tanguy Gaudeul est titulaire du CAPES d’histoire-géographie. Il a enseigné l’histoire-géographie pendant cinq ans en collège et en lycée, et donne des cours particuliers de français depuis plus de dix ans. Passionné de pédagogie, il a suivi des formations sur les différentes formes d’enseignement, notamment le « deep learning » (université du Queensland, Australie), qui s’inspire des recherches en neurosciences pour apprendre aux élèves à mieux mémoriser, à relier les informations entre elles et à réutiliser leurs connaissances dans de nombreuses situations. C’est sur cette base qu’il a construit la méthodologie de La Boîte à Bac, ses vidéos d’histoire-géographie et d’HGGSP et les coffrets Kit’Bac.

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