HGGSP Terminale

L’alphabétisation des femmes du XVIe siècle à nos jours : donner accès à la connaissance (HGGSP Terminale)

Des couvents des Ursulines aux lois Ferry, du décret de 1924 à la loi Haby de 1975, et jusqu’à Malala : les grandes étapes de l’accès des femmes à l’éducation. Jalon 1 de l’axe 1 du thème 6 d’HGGSP de Terminale, avec la vidéo de La Boîte à Bac.

Programme officiel
  1. thème 6 L'enjeu de la connaissance
  2. axe 1 Produire et diffuser des connaissances
  3. jalon 1 Donner accès à la connaissance : grandes étapes de l'alphabétisation des femmes du XVIe siècle à nos jours dans le monde.
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En 1948, la Déclaration universelle des droits de l’homme proclame le droit à l’éducation pour tous. Il aura fallu quatre siècles de résistances, de luttes et de lois pour que ce droit s’applique aux femmes, et il ne s’applique pas encore partout. C’est le premier jalon de l’axe 1 du thème 6 d’HGGSP de Terminale : « Donner accès à la connaissance : grandes étapes de l’alphabétisation des femmes du XVIe siècle à nos jours dans le monde ».

▶ HGGSP Terminale | L’alphabétisation des femmes | Enjeu de la connaissance | Thème 6 Axe 1 — La Boîte à Bac

Ce qu’il faut retenir

  • Du XVIe au XVIIIe siècle, l’éducation des filles est confiée aux congrégations (Ursulines 1535, Visitandines 1610) et vise la piété et le foyer ; les Lumières, et surtout Condorcet (1791), ouvrent le débat.
  • En France, l’égalité se construit par étapes : loi Falloux (1850), lois Ferry (1881-1882), décret de 1924, loi Haby (1975) sur la mixité, sous la pression du mouvement féministe.
  • Aujourd’hui, plus de 80 % des femmes sont alphabétisées dans le monde, mais des obstacles persistent : mariages précoces, conflits, interdictions (Malala Yousafzai), et, dans les pays riches, des choix d’orientation encore genrés.

Dans le programme : cette fiche fait partie de notre guide Programme HGGSP Terminale : les 6 thèmes, les jalons et l’épreuve du bac.

I. Les premières étapes de l’alphabétisation des femmes (XVIe-XVIIIe siècle)

Dans l’Europe patriarcale du XVIe siècle, on n’éduque pas les femmes pour les émanciper mais pour en faire de meilleures épouses et mères. Les congrégations religieuses organisent les premières écoles de filles, les Ursulines dès 1535, les Visitandines en 1610 : catéchisme, lecture, écriture, toujours au service des valeurs chrétiennes, et réservées aux classes moyennes et supérieures.

Les Lumières changent le regard. Voltaire et Rousseau discutent du rôle de l’éducation ; Condorcet, en 1791, soutient que les femmes ne sont pas inférieures par nature et que seul le manque d’instruction les maintient en position subordonnée. Dans les salons, des femmes comme Julie de Lespinasse s’émancipent intellectuellement, et Mary Wollstonecraft en Angleterre, Olympe de Gouges en France, font de l’éducation la première des égalités. Tanguy montre dans la vidéo pourquoi l’influence immédiate de ces idées reste limitée, et ce qu’elles préparent.

II. Les réformes éducatives en France (XIXe siècle-1975)

La loi Falloux (1850) oblige les communes de plus de 800 habitants à ouvrir une école de filles, mais dans un but moral et religieux. Les lois Ferry (1881-1882) instaurent l’école primaire laïque, gratuite et obligatoire pour les filles comme pour les garçons : pour Jules Ferry, éduquer les filles, c’est aussi les soustraire à l’influence de l’Église, et donc consolider la République. Le contexte compte : des militantes comme Hubertine Auclert et Louise Michel lient l’éducation aux droits civiques et au suffrage.

Les programmes restent pourtant différents. Le décret de 1924 uniformise l’enseignement secondaire des filles et des garçons, après une guerre où les femmes ont tenu l’économie ; certaines filières, comme les classes préparatoires scientifiques, leur restent longtemps presque fermées. Il faut attendre la loi Haby de 1975, la même année que la loi sur l’IVG, pour que la mixité devienne obligatoire dans le public. La chronologie complète, avec les dates à ne pas confondre, est dans la fiche et le quiz du jalon.

III. Les enjeux contemporains (fin XXe siècle-aujourd’hui)

À l’échelle mondiale, les progrès sont réels mais inégaux : plus de 80 % des femmes savent lire et écrire, mais en Afrique subsaharienne et dans certaines régions d’Asie du Sud le taux reste parfois inférieur à 50 %, avec un écart marqué par rapport aux hommes. Mariages précoces, normes de genre et arbitrages économiques des familles limitent la scolarisation des filles ; dans les zones de conflit, les écoles deviennent des cibles. L’exemple de Malala Yousafzai, victime d’une tentative d’assassinat par les talibans en 2012 et prix Nobel de la paix en 2014, incarne cette lutte.

Dans les pays de l’OCDE, l’accès est acquis mais la socialisation genrée oriente encore les parcours : filles sous-représentées dans les filières scientifiques et techniques, majoritaires dans l’éducation, la santé et le social, avec des écarts de rémunération à la clé. La vidéo termine sur la formule de Simone de Beauvoir et sur l’analyse d’Amartya Sen, qui fait de l’éducation des femmes un levier de développement pour toute la société.

La suite de l’axe 1

Deuxième jalon : « Produire de la connaissance scientifique : recherche et échanges des hommes et des femmes de science sur la question de la radioactivité de 1896 aux années 1950 ».

Questions fréquentes

Que disent les lois Ferry sur l’éducation des filles ?

Les lois de 1881 et 1882 rendent l’enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire pour tous les enfants de 6 à 13 ans, filles et garçons. Les programmes des filles restent toutefois différents jusqu’au décret de 1924.

Qu’a changé la loi Haby de 1975 ?

Elle a rendu la mixité obligatoire dans les établissements publics primaires et secondaires, achevant l’unification de l’enseignement des filles et des garçons en France.

Pourquoi Condorcet est-il une référence sur ce jalon ?

Parce qu’en 1791 il plaide pour une instruction publique égale pour les deux sexes, en affirmant que les femmes ne sont pas naturellement inférieures et que seul le manque d’éducation explique leur subordination.

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Tanguy Gaudeul

Fondateur de La Boîte à Bac, Tanguy Gaudeul est titulaire du CAPES d’histoire-géographie. Il a enseigné l’histoire-géographie pendant cinq ans en collège et en lycée, et donne des cours particuliers de français depuis plus de dix ans. Passionné de pédagogie, il a suivi des formations sur les différentes formes d’enseignement, notamment le « deep learning » (université du Queensland, Australie), qui s’inspire des recherches en neurosciences pour apprendre aux élèves à mieux mémoriser, à relier les informations entre elles et à réutiliser leurs connaissances dans de nombreuses situations. C’est sur cette base qu’il a construit la méthodologie de La Boîte à Bac, ses vidéos d’histoire-géographie et d’HGGSP et les coffrets Kit’Bac.

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