HGGSP Terminale

L’enjeu de la connaissance : société de la connaissance, communautés scientifiques et circulation des savoirs (HGGSP Terminale, thème 6)

Qu’est-ce que la « société de la connaissance » de Peter Drucker ? Quelle différence entre communauté savante et communauté scientifique ? Qui fait circuler les savoirs, et qu’est-ce qui les freine ? L’introduction du thème 6 d’HGGSP de Terminale.

Programme officiel
  1. thème 6 L'enjeu de la connaissance
  2. introduction Introduction
  3. jalon 1 La notion de « société de la connaissance » (Peter Drucker, 1969), portée et débats.
Par · · 6 min de lecture

Au XIXe siècle, la richesse venait des usines et des mines. Au XXIe, elle vient de ce que l’on sait, et de la vitesse à laquelle on le partage. C’est le point de départ du thème 6 d’HGGSP de Terminale, « L’enjeu de la connaissance », dont l’introduction demande de maîtriser trois jalons : la notion de « société de la connaissance » (Peter Drucker, 1969) et ses débats, les notions de communauté savante et de communauté scientifique, et les acteurs et modalités de la circulation de la connaissance.

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Ce qu’il faut retenir

  • La société de la connaissance (Peter Drucker, 1969) fait du savoir la ressource économique principale : diffusion (Internet), création (R&D), utilisation. Elle accélère la croissance mais creuse des inégalités.
  • La communauté savante (académies, salons, dès le XVIe siècle) mêle savants et amateurs éclairés ; la communauté scientifique (Robert K. Merton, années 1940) regroupe des chercheurs professionnels soumis à des normes de validation.
  • La connaissance circule par des acteurs publics et privés, les médias, l’open access, la mobilité étudiante ; elle bute sur la langue, les tensions géopolitiques, la fracture numérique et la fuite des cerveaux.

Dans le programme : cette fiche fait partie de notre guide Programme HGGSP Terminale : les 6 thèmes, les jalons et l’épreuve du bac.

I. La notion de « société de la connaissance »

Dans The Age of Discontinuity (1969), Peter Drucker, l’un des fondateurs du management moderne, décrit une société où la connaissance supplante les ressources naturelles et industrielles comme ressource principale. Trois critères la définissent : la diffusion des savoirs, dont Internet est devenu le vecteur essentiel (67 % de la population mondiale connectée en 2024, contre 50 % cinq ans plus tôt) ; la création de savoirs, par la recherche et développement (environ 2,5 % du PIB mondial) ; et leur utilisation comme ressource économique.

Cette société a une portée considérable : les économies fondées sur le savoir croissent plus vite, comme le montrent la Corée du Sud ou la Finlande. Mais elle produit aussi des inégalités, entre pays capables de financer éducation et recherche et les autres, et à l’intérieur des sociétés : enfants non scolarisés dans les pays en développement, fracture numérique qui touche un Français sur quatre, polarisation des emplois. Tanguy développe ce débat dans la vidéo, avec l’argument inverse à ne pas oublier : la spécialisation des pays développés dans la connaissance ouvre aux autres des opportunités industrielles, comme l’a fait la Chine.

II. Communauté savante et communauté scientifique

La communauté savante apparaît à l’époque moderne : scientifiques, intellectuels et amateurs éclairés qui se regroupent pour produire et diffuser des savoirs, dans les académies, les salons et les clubs des XVIIe et XVIIIe siècles. C’est un carrefour entre plusieurs mondes, qui favorise la vulgarisation, et dont l’esprit des Lumières est issu.

La communauté scientifique est un concept plus récent, forgé par le sociologue Robert K. Merton dans les années 1940 : des chercheurs professionnels qui travaillent collectivement selon des valeurs partagées, un ethos fait d’universalisme, de communalisme, de désintéressement et de scepticisme organisé, et qui valident les résultats par l’évaluation entre pairs. L’Académie des sciences, créée en 1666, illustre le passage de l’une à l’autre ; le projet du génome humain (1990-2003) montre ce que la coopération scientifique internationale rend possible. Les définitions précises, et la façon de les distinguer en une phrase dans une copie, sont dans la fiche du jalon de l’application.

III. Les acteurs et les modalités de la circulation de la connaissance

Les acteurs publics (États, universités, centres de recherche) financent ce qui n’est pas immédiatement rentable, à commencer par l’éducation ; les acteurs privés investissent massivement dans la R&D, environ 1 800 milliards de dollars en 2023 pour les entreprises. Les médias diffusent le savoir de façon verticale (des spécialistes vers le public) ou horizontale, comme Wikipédia, où chacun contribue sous le contrôle de la communauté.

La connaissance circule par l’open access, par la mobilité étudiante (Erasmus, États-Unis premier pays d’accueil avec environ un million d’étudiants étrangers), par les transferts de technologie, et par les vidéos de cours que vous regardez en ce moment. Mais elle rencontre des limites : la barrière de la langue, les tensions géopolitiques et la censure, le coût des revues scientifiques, la fracture numérique, et la fuite des cerveaux, qui peut aussi cacher un gain, comme le montrera le cas de l’Inde. La vidéo passe en revue ces limites avec les exemples attendus.

La suite du thème

L’axe 1, « Produire et diffuser des connaissances », s’ouvre sur l’alphabétisation des femmes du XVIe siècle à nos jours, puis sur les recherches sur la radioactivité de 1896 aux années 1950.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la société de la connaissance ?

Une notion de Peter Drucker (1969) désignant une société où la production, la diffusion et l’utilisation des connaissances deviennent la ressource économique principale, devant les ressources naturelles et industrielles.

Quelle différence entre communauté savante et communauté scientifique ?

La communauté savante (époque moderne) réunit savants, intellectuels et amateurs éclairés dans des académies ou des salons. La communauté scientifique (Merton, années 1940) ne regroupe que des chercheurs professionnels, avec des normes et des institutions de validation des savoirs.

Qu’est-ce que la fuite des cerveaux ?

Le départ de personnes très diplômées vers des pays offrant des emplois qualifiés et mieux rémunérés. Ce « brain drain » peut se transformer en « brain gain » quand les compétences et les capitaux reviennent au pays d’origine.

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Tanguy Gaudeul

Fondateur de La Boîte à Bac, Tanguy Gaudeul est titulaire du CAPES d’histoire-géographie. Il a enseigné l’histoire-géographie pendant cinq ans en collège et en lycée, et donne des cours particuliers de français depuis plus de dix ans. Passionné de pédagogie, il a suivi des formations sur les différentes formes d’enseignement, notamment le « deep learning » (université du Queensland, Australie), qui s’inspire des recherches en neurosciences pour apprendre aux élèves à mieux mémoriser, à relier les informations entre elles et à réutiliser leurs connaissances dans de nombreuses situations. C’est sur cette base qu’il a construit la méthodologie de La Boîte à Bac, ses vidéos d’histoire-géographie et d’HGGSP et les coffrets Kit’Bac.

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