Une cinquantaine de biens inscrits au patrimoine mondial, cinquième rang mondial, et 75 millions de visiteurs par an : en France, le patrimoine est à la fois une identité et une économie. Mais le protéger coûte cher, et le valoriser peut le dénaturer. C’est l’objet de travail conclusif du thème 4 d’HGGSP de Terminale, « La France et le patrimoine, des actions majeures de valorisation et de protection », avec ses trois jalons : la gestion du patrimoine français, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, et le patrimoine comme facteur de rayonnement de la France dans le monde.
Ce qu’il faut retenir
- La politique patrimoniale française se construit par étapes : loi Malraux (1962), Inventaire général (1964), décentralisation (1983-1984), Fondation du patrimoine (1996), Loto du patrimoine (2018).
- Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, inscrit à l’UNESCO en 2012, montre la patrimonialisation d’un espace industriel et sa reconversion (terrils, corons, Louvre-Lens).
- Le patrimoine est un outil de soft power : repas gastronomique des Français (2010), convention sur la diversité culturelle (2005), mais aussi des débats (corrida, surpatrimonialisation).
Dans le programme : cette fiche fait partie de notre guide Programme HGGSP Terminale : les 6 thèmes, les jalons et l’épreuve du bac.
I. La gestion du patrimoine français : évolution d’une politique publique
Le tournant date de 1962 : la loi Malraux protège les centres anciens des villes, souvent sacrifiés par la modernisation d’après-guerre, et André Malraux crée en 1964 l’Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France. Les lois de décentralisation de 1983-1984 transfèrent ensuite une partie des compétences aux collectivités territoriales, pour une gestion plus proche des réalités régionales.
Le financement repose sur un équilibre entre fonds publics et mécénat privé. La Fondation du patrimoine (1996) soutient le patrimoine de proximité grâce aux souscriptions et aux dons ; le Loto du patrimoine, lancé en 2018 à l’initiative de Stéphane Bern, finance la restauration de sites en péril. État, collectivités, fondations et associations forment ainsi un système d’acteurs dont la vidéo d’introduction du thème et la fiche de l’application détaillent les rôles respectifs.
II. Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais : entre héritage et reconversion
L’inscription du bassin minier au patrimoine mondial en 2012 reconnaît un paysage industriel pour ses dimensions techniques, scientifiques et sociales : les corons, les terrils, les cités minières, mais aussi la culture ouvrière et le syndicalisme. C’est le fruit d’une candidature collective portée par l’État, les collectivités, l’association Bassin Minier Uni et la Mission Bassin Minier.
La reconversion transforme l’héritage : des terrils devenus espaces verts, l’un d’eux station de ski (Loisinord), des corons rénovés en logements sociaux, et surtout le Louvre-Lens, inauguré en 2012 sur une ancienne fosse, avec environ 500 000 visiteurs par an. Mais le classement pose ses propres défis : surpatrimonialisation, qui dilue l’importance de chaque site, et dépatrimonialisation, quand les moyens manquent pour tout entretenir. Deux notions à définir précisément, que le quiz du jalon vous fait travailler.
III. Le patrimoine, vecteur du rayonnement de la France dans le monde
La France utilise son patrimoine comme levier de soft power. Le repas gastronomique des Français, inscrit en 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, valorise un art de vivre autant qu’une cuisine ; la mode et le luxe complètent ce rayonnement. L’opération Goût de France célèbre chaque année la cuisine française à travers le monde, et la convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles (2005), proposée par la France, fait de la culture un instrument diplomatique.
Ce rayonnement n’est pas sans débats. L’inscription de la corrida à l’inventaire du patrimoine immatériel, en 2011, puis son annulation par la justice, illustre la tension entre traditions et valeurs éthiques d’aujourd’hui ; la multiplication des labels risque de diluer leur sens. Comment garder un patrimoine à la fois protégé, vivant et rentable ? C’est la question qui structure toute la conclusion du thème, et un sujet de dissertation classique.
Retour sur le thème 4
Pour réviser l’ensemble du thème : l’introduction sur l’UNESCO, les usages de Versailles, les frises du Parthénon, Paris et le Mali.
▶ Patrimoine | Les usages de Versailles – Réaménager la mémoire
▶ Patrimoine | La question patrimoniale au MaliQuestions fréquentes
Qu’est-ce que la loi Malraux de 1962 ?
La loi qui crée les secteurs sauvegardés pour protéger les centres anciens des villes françaises, menacés par les projets de modernisation d’après-guerre. Elle marque la reconnaissance officielle du patrimoine urbain.
Pourquoi le bassin minier est-il un patrimoine mondial ?
Parce qu’il témoigne de façon exceptionnelle de l’histoire industrielle et sociale : fosses, terrils, corons et cités minières, mais aussi culture ouvrière et syndicalisme. Il a été inscrit à l’UNESCO en 2012.
Qu’est-ce que la surpatrimonialisation ?
Le phénomène par lequel un nombre excessif de sites ou de pratiques sont reconnus comme patrimoine, au risque de diluer l’importance de chacun et de dépasser les moyens disponibles pour les entretenir.
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