Les océans couvrent 71 % de la surface de la Terre, et l’espace n’a été atteint qu’il y a soixante-dix ans. Ce sont pourtant les deux terrains sur lesquels les puissances d’aujourd’hui se mesurent. Ce premier article ouvre le thème 1 d’HGGSP de Terminale, « De nouveaux espaces de conquête », avec son introduction officielle, « Océan et espace : quelles spécificités ? », et le premier jalon de l’axe 1 : les enjeux géopolitiques de la course à l’espace, des années 1950 à l’arrivée de nouveaux acteurs.
Ce qu’il faut retenir
- Océan et espace ont en commun d’être des espaces de connaissance (océanographie, astronomie), de puissance et de ressources, dont l’exploration reste inachevée.
- La course à l’espace naît de la guerre froide : Spoutnik (1957) et Gagarine (1961) pour l’URSS, Armstrong sur la Lune (1969) pour les États-Unis. C’est le Old Space.
- Depuis les années 2000, la Chine, l’Inde, l’Europe et des entreprises privées redéfinissent les enjeux : c’est le New Space, où l’économie compte autant que le prestige.
Dans le programme : cette fiche fait partie de notre guide Programme HGGSP Terminale : les 6 thèmes, les jalons et l’épreuve du bac.
Introduction : océan et espace, quelles spécificités ?
Conquérir l’océan, c’est explorer sa surface et ses profondeurs. La surface d’abord : les grandes expéditions du XVe siècle (Colomb en 1492, Magellan en 1519) débouchent sur un premier partage du monde entre puissances maritimes, où l’enjeu est déjà autant politique qu’économique. La science vient ensuite : l’expédition du Challenger, en 1872, fonde l’océanographie moderne, l’étude scientifique des mers par la cartographie des fonds, des courants et de la biodiversité.
Les abysses, eux, ne s’ouvrent qu’à partir des années 1950 grâce aux progrès techniques, avec des pionniers comme Jacques-Yves Cousteau. Pression, obscurité, froid : l’exploration y reste difficile et dangereuse, comme l’a rappelé l’implosion du submersible Titan en 2023. Et derrière la connaissance, les ressources ne sont jamais loin : hydrocarbures, pêche, terres rares. Première marine de guerre et première ZEE (zone économique exclusive) du monde, les États-Unis sont aujourd’hui la puissance maritime dominante, mais la Chine conteste de plus en plus cette hégémonie.
L’espace est une aventure bien plus récente : jusqu’au milieu du XXe siècle, on l’observe au télescope sans pouvoir l’atteindre. Les premières fusées des années 1950 changent tout, et la guerre froide transforme aussitôt l’exploration en course. Aujourd’hui, une soixantaine de pays ont une agence spatiale, et l’Inde a fait atterrir un rover sur la Lune en août 2023.
Dans la vidéo, Tanguy développe la troisième partie de cette introduction, celle que le programme appelle « les dernières frontières » : pourquoi l’océan et l’espace sont vus comme des réservoirs de ressources pour une humanité de 10 milliards d’habitants en 2050, quels nouveaux acteurs (entreprises, ONG) s’y engagent, et quelles règles tentent de les encadrer, de la convention de Montego Bay (1982) au traité de l’espace (1967).
Axe 1, jalon 1 : la course à l’espace pendant la guerre froide
Après 1945, seuls les États-Unis et l’URSS ont les moyens technologiques et financiers d’aller dans l’espace. L’enjeu est d’abord militaire (les mêmes fusées lancent des satellites et des missiles) et idéologique : dominer l’espace, c’est prouver la supériorité de son système, capitalisme contre communisme. L’URSS prend l’avantage avec Spoutnik en 1957 et Youri Gagarine en 1961.
La réponse américaine est politique. En septembre 1962, le président Kennedy assume publiquement le retard des États-Unis et promet de le rattraper dans la décennie. Le programme Apollo aboutit au premier vol autour de la Lune en 1968, puis aux premiers pas de Neil Armstrong en 1969 : le drapeau américain planté sur la Lune devient le symbole d’une supériorité retrouvée. L’URSS répond sur un autre terrain, celui des stations orbitales, avec Mir en 1986.
Les années 1970 marquent un tournant : la rivalité se double d’une coopération symbolique, dont la mission Apollo-Soyouz de 1975 est l’apogée, en pleine détente. Mais l’espace se militarise aussi : surveillance, espionnage, missiles antisatellites, brouillage. La vidéo commente l’extrait du discours de Kennedy à connaître, et la formule exacte à citer en copie.
De nouveaux acteurs : l’affirmation des puissances émergentes et le New Space
Dès 1970, la Chine lance son premier satellite, Dong Fang Hong, qui diffuse en boucle l’hymne national : un satellite de propagande. En 1973, l’Europe lance le programme Ariane pour ne plus dépendre des lanceurs américains ou soviétiques. Puis, à partir des années 2000, les puissances émergentes se dotent de programmes ambitieux : la Chine pose un robot sur la face cachée de la Lune en janvier 2019, l’Inde enchaîne missions lunaires, martiennes et solaires. Derrière le prestige, des besoins très concrets : télécommunications, navigation par satellite, pour des populations qui se comptent en centaines de millions.
Les entreprises privées entrent enfin dans la course : c’est le New Space, par opposition au Old Space des deux Grands. SpaceX, Blue Origin ou les projets d’exploitation minière des astéroïdes visent un objectif nouveau, le profit. L’espace n’est plus seulement un terrain d’affirmation idéologique, mais un marché. Comment ce basculement modifie-t-il les rapports de force, et que change l’arrivée d’acteurs qui ne sont pas des États ? C’est la conclusion de la vidéo, et le fil des jalons suivants.
La suite du thème
Le jalon suivant quitte l’espace pour les mers : « Affirmer sa puissance à partir des mers et des océans : la dissuasion nucléaire et les forces de projection maritimes ». Puis l’axe 2 s’intéresse aux coopérations (la station spatiale internationale, le partage des ressources des océans), avant l’objet de travail conclusif sur la Chine, disponible en exclusivité dans l’application.
▶ De nouveaux espaces de conquête 2/5 – Dissuasion nucléaire et forces maritimes
▶ De nouveaux espaces de conquête 3/5 – La station spatiale internationaleQuestions fréquentes
Quelle différence entre Old Space et New Space ?
Le Old Space désigne la conquête spatiale dominée par les États, essentiellement les États-Unis et l’URSS, avec des enjeux politiques et idéologiques. Le New Space désigne l’arrivée, depuis les années 2000, de nouveaux États (Chine, Inde, Europe) et surtout d’entreprises privées (SpaceX, Blue Origin) qui font de l’espace un enjeu économique.
Pourquoi dit-on que l’océan et l’espace sont des « dernières frontières » ?
Parce que leur exploration est inachevée et que les deux sont perçus comme des réservoirs de ressources (hydrocarbures, minerais, terres rares, énergie) et de connaissances, dans un monde où les ressources terrestres s’épuisent. Leur conquête est encadrée par des traités : convention de Montego Bay (1982) pour la mer, traité de l’espace (1967).
Quelles dates retenir pour la course à l’espace ?
1957 : Spoutnik, premier satellite (URSS). 1961 : Gagarine, premier homme dans l’espace. 1969 : Armstrong sur la Lune (États-Unis). 1975 : mission Apollo-Soyouz, première coopération américano-soviétique. 1986 : station Mir.
Nos produits
Pour aller plus loin en HGGSP
Kaïros, le jeu de cartes historiqueRapports de force, alliances, coups d’éclat : la géopolitique du programme se joue en famille ou en classe.Découvrir Kaïros
Kit’Bac HGGSPLe coffret pour réviser tous les thèmes du programme avec des cartes et des outils ludiques.Voir le Kit’Bac


